Mardi 16 septembre 2008
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Ce qui m'a toujours attiré dans le sport c'est l'émotion que cela peu provoquer. Me plonger dans l'histoire des sportifs, des compétitions touche parfois au mythe et son des marques des époques
traversés. Le poing ganté de noir de Carlos Smith sur le podium à Mexico en 1968 à marqué l'histoire bien audelà du monde du sport. Alors que nous fêtons cette année les dix ans du titre de
championne du monde de l'équipe de France de Football, je ne garde de cette victoire historique que peu d'émotions. Que dire par contre de la demi finale perdu par l'équipe emmenné par
Michel Platini en 1982, ce match, cette équipe à defaut d'avoir touché le graal ont touché nos coeurs.
A la cinquante-sixième (texte de Philippe Delerm)
Séville, jeudi 8 juillet 1982, stade Sanchez-Pizjuan. Il fait nuit. Cinquante-sixième minute de la demi-finale Allemagne-France. Encore une ouverture lumineuse de Michel Platini. Patrick
Battiston s'est engagé de toutes ses forces pour reprendre la balle. Il l'a touchée; La France va mener deux buts à un, mettre un pied en finale. Mais non. Le ballon poursuit sa course tout
doucement et roule juste à côté de la cage allemande. Obnubilé par cette occasion magnifique? Battiston n'a pas vu fondre sur lui le gardien allemand Harald Schumacher. Celui-ci le percute de
plein fouet. Patrick Battiston reste allongé sur la pelouse, et bientôt c'est la panique dans le can français. Le docteur Vrillac, craigant une fracture des vertèbres cervicales, fait des signes
de détresse en direction de la touche. Vite, on apporte la civière. Et c'est là... Michel Platini, un peu voûté, a pris la main de Battiston, escorte la civière jusqu'à la ligne de touche. On
voit qu'il parle à son coèquipier, on devine qu'il lui parle. "T'en fais pas, ça va aller", ou bien "Ce match, je te le promets qu'on va le gagner !"
Peu importe ce u'il dit, ce que Battiston peut entendre. L'attitude de Platini traduit tout cela, et plus encore. C'est un très joli soir d'été, un soir de chaleur, de vacances. Ce 8 juillet,
sans avoir eu vraiment le temps d'y penser, on se retrouve dans le grand, le vrai, l'historique. Ca commence juste là, à la cinquante sixième. C'est fort, cette attitude de Platini courbé
qui tient la main de son copain. Il est complétement avec lui, mais en même temps on sent qu'il a dans le dos, sur le terrain tout un destin à assumer, une tragédie à jouer. Le prof de
français au lycée avait toujours une petite lueur de triomphe dans les yeux, quand il expliquer : "c'est ca, c'est seulement ça, la tragédie : une pièce qui finit mal !"
Pourtant, on va tous espèrer. Comment ne pa espèrer, quand trésor puis Girese marquent pendant les prolongations ? Mais on est pas autrement surpris de voir l'Allemagne revenir à trois buts
partout. Et quand Bossis, le joueur modèle, manque son tir au but, on sait : c'était écris. Le lendemain, au lieu de son "Fabuleux!", l'Equipe aurait pu titrer : "Si près du Paradis".
Le Paradis. Oui, peut être. Mais peut-être aussi que c'est bien ennuyeux, le Paradis. Deux ans après, la France qui perd de justesse est devenue la France qui gagne, au championnat d'Europe
des nations. Platini marque le coup franc le plus foireux de sa carrière (on dira désormais une "arconada" pour désigner une toile aussi spectaculaire que celle du gardien espagnol). Tout le
monde est joyeux, bien sur. Mais pas aussi joyeux qu'on était triste le 8 juillet 1982. Normal. C'est tellement fort, la mélancolie - un peu comme l'adolescence. Et toute les choses
qu'on a manquées de justesse sont tellement plus grandes que celles qu'on réussies.
Le 8 juillet 1982, Battiston s'en tire avec un traumatisme crânien, trois dents de cassées. La balle a roulé à côté du but de Schumacher... Quand Platini lui prend la main, il ne sait pa que
toute une époque se termine là. A la cinquante-sixième minute de la demi-finale Allemagne-France meurt la France de Poulidor, celle où le coeur bat plus fort pour celui qui perd en
beauté. On n'ira jamais plus loin dans la tristesse que ce soir-là, alors... Alors il va falloir gagner, il va falloir aimer gagner.
Le prof avait raison : c'est beau, la tragédie.