Chronique du Fuchsia n°1
Grain de sable après grain de sables, nous avions fini par croire, par oublier et même par regretter l’hiver. Et comme un lundi nous ramène à notre condition humaine, l’hiver nous rappelle que la nature n’oublie rien. Et là dans le petit matin frisquet, mon corps retrouve lentement les automatismes de la saison. Je me dit que les souvenirs sont des chimères sans consistance. Alors que je gratte avec résignation le pare-brise de ma voiture, le poison de la nostalgie pénètre mon esprit vide. Le froid glisse sur ma peau, une quête animale me possède : retrouver la chaleur du cocon des origines. L’élixir est en moi, je construis le puzzle de mes racines entre mythe et réalité. Je plonge dans le Clain, en apesanteur, image noir et blanc d’un passé que je n’ai jamais vécu. Emergeant de l’onde, je me retrouve face à la maison ouvrière de mon grand-père. Devant la porte trône un fuchsia, mon esprit mélancolique sublime cette plante, j’en fais le symbole de mon histoire. Assis sur les marches de l’escalier en bois, je le regarde à travers les barreaux de la rampe, le cahier de mots croisés est ouvert devant lui, quelques miettes de gomme maculent la toile cirée, le crayon de bois hésite dans cette main d’artisan. En sept lettres : arbrisseau ornemental originaire d’Amérique, aux fleurs pendantes rouges violacé. Horizontal ou vertical ? il y a de la magie dans ce lieu, ici un arbre qui produit aussi bien des pommes que des poires, là derrière les petits carreaux c’est l’atelier de Gépetto. La route défile, le givre à presque disparu de mon champ de vision, le chauffage est trop fort, la mauvaise foi de l’invité à la radio m’exaspère. Dans 100 jours les finalistes de la présidentielle seront connus. Les médias brassent de l’écume, au diable le fond pourvu que l’on ai la forme, ce n’est plus de la politique, c’est de la télé réalité … je suis un vieux con. Magnifique fuchsia flamboyant devant cette modeste maisonnette. Mon esprit a du transfigurer mes souvenirs. Arrivé sur le parking, je laisse le temps reprendre son œuvre. Il n’y a peut être jamais rien eu devant cette porte, juste une porte et rien d’autre.
Un décret, qui entérine le relèvement des plafonds
d'épandage d'azote dans les exploitations agricoles selon des associations, a été publié mardi 11 octobre au Journal Officiel.
Le décret, signé mardi 11 octobre par le premier ministre et les ministres de l'Agricuture et de l'Ecologie, étend la surface prise en compte pour le calcul du plafond d'épandage, en prenant comme référence la surface agricole utile (SAU) et non plus une "surface d'épandage" plus restreinte.
Il suscite la colère des associations environnementales comme Eau et Rivières de Bretagne, qui estime que le décret "va permettre d'augmenter de 20 % les quantités d'azote épandues sur les sols!"
La parution de ce décret "intervient alors que la commission européenne exige de la France, dans une lettre du 17 juillet dernier, des explications sur sa politique de prévention des marées vertes", a déploré mardi 11 octobre l'association dans un communiqué.
Depuis 2001, en application de la directive européenne "nitrates", les agriculteurs pouvaient épandre jusqu'à 170 kilos d'azote organique (effluents animaux comme le lisier) par hectare de surface épandable, explique Eau et Rivières.
Cette surface potentiellement épandable (SPE) déduit les "surfaces à proximité des cours d'eau, du littoral, des tiers".
Mais le nouveau décret ("relatif au programme de lutte contre la pollution des eaux par les nitrates") prévoit que la quantité maximale d'azote contenu dans les effluents d'élevage pouvant être épandue annuellement "ne peut être supérieure à 170 kilos d'azote par hectare de surface agricole utile".
Au printemps dernier, le projet de décret "avait soulevé une vague de protestations en Bretagne, en particulier auprès des communes littorales envahies par les algues vertes", a également indiqué Eau et Rivières, en rappelant que "le relèvement des plafonds d'épandage de lisier était jugé incohérent avec les programmes engagés pour réduire la pollution par les nitrates".
Les rejets azotés liés à l'élevage industriel et à l'épandage d'engrais sont considérés comme propices à la prolifération des algues vertes, dont la décomposition provoque des gaz toxiques